Chiens de berger

Il y a plusieurs mécanismes par lesquels, dans les grandes sociétés, le petit nombre influence les idées du plus grand nombre. Nous pouvons décider d'en éviter certains, comme les chaînes de radio commerciales (il suffit de ne pas les écouter) ou les journaux télévisés (il suffit de ne pas les regarder), mais il y en a un auquel il est quasiment impossible d'échapper : la publicité.

Dans le métro, sur le Web, en placement de produit dans les films, la réclame est omniprésente. Sa tactique : solliciter nos réflexes visuels. En effet, notre œil est attiré par les contrastes et les couleurs vives, d'où les panneaux publicitaires éclatants. Nous portons également et inconsciemment notre attention sur tout ce qui bouge (c'est le réflexe optocinétique), d'où les coupures toutes les cinq secondes dans les publicités télévisées. (Voir cette présentation sur les effets de la télévision sur le cerveau.)

À Tokyo, contrairement à Grenoble ce sont maintenant les télévisions publiques qui se généralisent. Des écrans sont disposés et imposés aux réflexes du passant dans le métro, les restaurants, etc. Jusqu'au réfectoire de mon université où les murs sont désormais quadrillés d'écrans géants, positionnés de manière à ce que, quelle que soit la position dans laquelle on s'assoit, il y en a toujours un dans son champ de vision.

Ainsi, la publicité est partout et nous représente ses conceptions sans dialogue. (Le petit nombre s'adressant au plus grand nombre.) Il n'y a d'ailleurs pas de publicité que commerciale. On trouve par exemple des publicités sur les règles de conduite, comme l'illustre cette affiche vue dans le métro de Tokyo qui dit : « il faut porter un masque quand vous êtes malade » :

Affiche du métro de Tokyo

Slogan : マナーはココロ, « sans manières = sans cœur ».

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